L'Aigle Bernal plane sur le Giro 2021 dans un cyclisme qui flingue la légende

Le Colombien vainqueur du Tour de France 2019 est tout près de remporter le Giro !


Egan Bernal est de la dimension des géants du passé.

Il domine le Giro 2021 de toute sa classe pendant ce temps, les suiveurs français, qui aiment toujours plus les perdants que Maître Jacques Anquetil ou Lance Armstrong, en font des tonnes sur Romain Bardet a plus de cinq minutes de l'artiste colombien de 24 ans. C'est vraiment jouer la carte franchouillarde au lieu de célébrer le talent qui soulève les montagnes.

Bernal d'est de l'esthétisme en action. Il est loin des besogneux qui tirent la langue quand l'explication a lieu.

Hélas ! les organisateurs des Tours sont des frileux qui massacrent la légende de ce sport qui a besoin de mythologie.

En 2019, une étape du Tour de France qui s'annonçait épique a été chamboulée et réduite à rien, à cause d'éboulements. Bien sûr, il faut protéger les coureurs mais à force de tout aseptiser on réduit le vélo à une course de rentiers. Les coureurs auraient pu traverser les gravats, le vélo sur l'épaule: cela aurait grandi le Tour de France 2019. Si on avait pris tant de précaution dans les années 1920-1970, le Tour n'aurait jamais été populaire. Le prix du danger existe en sport. Ce qui est amusant c'est de lire dans L'Equipe (25 mai 2021): "faute de champion à la hauteur de Pantani" (sic) L'immense tant regretté Pantani traîné dans la boue combien de fois !

En 2021, les dirigeants du Giro ont tronqué aussi une étape, celle des Dolomites parce qu'il y avait des mauvaises conditions météo. Les professionnels ne sont pas des amateurs ! Le cyclisme a besoin de héros. Ce n'est pas la neige qui doit les arrêter, sinon ils doivent faire du... curling! Bardet lui-même a dit qu'il s'était préparé à la "guerre". Le cyclisme est plus dangereux que la F1. Il y a plus de morts en cyclisme qu'en moto ou en ski. Chaque année. Sous le pluie, ou sur la chaussée sèche.

Dimanche 30 mai, Bernal devrait gagner son premier Giro qui n'aura pas la saveur des Tours de jadis.

L'un des remplaçants de Philippe Brunel évoque la "nostalgie de supermarché" si l'on se réfère aux grands champions d'autrefois mais qui va parler de Bardet en 2099 ?