Sous Macron, Napoléon est toujours dans l'imaginaire mondial

Pourquoi parle-t-on encore de l'Empereur ? Il tout fait pour ça. Le livre de Philippe Courroye nous le fait très bien comprendre dans une démonstration judicieuse. Les grognards aimaient beaucoup Napoléon parce qu'il faisait rechercher et soigner les blessés que l'on pouvait sauver. Il a inventé la médecine liée aux combats qui n'a rien à voir avec les blessures occasionnées dans la vie quotidienne d'une personne lambda. Dans son exil anglais, il a dit qu'il expiait la partie tyrannique de son destin. Ce qui le différencie d'Hitler et de Staline.

Lses maréchaux lui disaient: "On ne peut pas attaquer, ils sont 500 000 en face! ", Napoléon (1769-1821) leur répondait: "500 000 et moi, cela fait un million... A l'assaut !" On est loin des pleutres qui ont laissé souillé l'Arc-de-triomphe qu'il a décidé de mettre en haut des Champs Elysées sans jamais le voir fini. Sa construction débuta en 1806 et se termina en 1836 alors que Napoléon a rendu l'âme le 5 mai 1821, prisonnier des Anglais. Dans la vie de Napoléon, la mort est de partout. Un vrai champ de bataille, au propre et au figuré. D'un côté, on le couvre de critiques pour avoir amplifier l'esclavage; de l'autre, on le félicite toujours pour le code civil qui nous sert encore. Des Napoléon, il y en a qu'un par siècle, et ce fut lui.

Un livre de plus sur Napoléon ? Non, un livre qui pourrait s’appeler aussi comme ceux de la fameuse collection : «Napoléon pour les Nuls » ou en hommage au tant décrié Woody Allen : « Tout ce que vous avez voulu savoir sur Napoléon sans jamais oser le demander ». Philippe Courroye célèbre mais commémore les 200 ans de la mort de Napoléon Bonaparte (1769-1821). Le renommé juge ne fait ni plaidoirie ni réquisitoire. Il nous rafraîchit la mémoire et cela fait du bien. Napoléon tout le monde en parle mais qui le connaît, c’est-à-dire qui connait vraiment sa personnalité ou du moins ce qu’il a fait ou n’a pas fait ? Les réponses sont dans le livre avec des éclairages qui n’oublient pas les effets d’ombre. Bonne remarque d’emblée : «S’il avait vu le jour quinze mois avant le 15 août 1769, il serait né Génois» car le 15 mai 1768, la République de Gênes a lâché la Corse à la France, après cinq siècles de pouvoir. Napoléon Bonaparte fut tenté par l’aventure indépendantiste de Joseph Paoli mais Louis XV parvint à mettre la Corse sous pavillon français.

Tout le livre passe en revue les temps forts de la vie de Napoléon Bonaparte sans jamais étre barbant ce qui est souvent le cas dans les livres des historiens de métier. Philippe Courroye a écrit le livre qu’il ne trouvait pas en librairie. Il explore dans plusieurs pages l’enfance et les débuts militaires, parfois par système de flash-back pour étayer ce qu’il est train d’expliquer. Le jeune garçon passe une dizaine d’années en Corse puis arrive sur le Continent au collège d’Autun où il prépare son passage pour l’école de Brienne qui forme à l’armée. Comme a l’époque il n’y a pas de… télévision (!), il devient lecteur compulsif, plutôt rousseauiste que voltairien. Il a aussi des ambitions littéraires mais ses mémoires seront écrites par Las Cases. Napoléon qui ne fait jamais rien à moitié dictera ses souvenirs et tout ce qu’il veut dire à haute voix parce que sa main va plus lentement que son cerveau. Pas brillant en latin, il a des difficultés orthographique avec le français qui n’est pas sa langue maternelle.

On n’avance dans le livre avec bien sûr les batailles gagnées ou perdues. Rien n’est laissé de côté et surtout pas les avantages accordés à ses quatre frères et trois sœurs… il n’y avait pas Le Canard Enchaîné ou Médiapart pour dénoncer son favoritisme. La presse, il la musela et même la cadenassa comme tous les despotes. Notre conteur développe cette question : dictateur ou pas ? Le pouvoir n’est pas accordé, il se prend. Charles De Gaulle l’imitera à sa façon. De Gaulle, Napoléon et Louis XIV restent les trois grands personnages de l’Histoire de France. Les autres ne sont que des figurants, des doublures lumière, des pantins de la communication, des marionnettes pathétiques, des orateurs de cinquième zone, des seconds couteaux de l'Histoire, des ouvreurs de portes ouvertes, des badauds déguisés en acteurs. Des vivants qui ne laisseront que des traces sur le sable de leur ânerie. Des enterrés que plus personne ne visitera.

On évoque souvent les batailles sans dire le nombre de morts. Celle d’Eylau : 25 000 Français avec autant de Russes, voire plus. En un seul jour : le 8 février 1807. Un carnage. Tous ses corps agglutinés, déchiquetés, éventrés, du sang partout. Des blessés à l’agonie, des soldes qui râlent à n'en plus finir, des appels à "Maman"! . Napoléon c’est aussi cette fin du monde à répétitions. Pauvres soldats, pauvres Grognards qui pouvaient faire 50 kilomètres dans la boue, dans la neige. Ils n’avaient pas des chaussures à leur pointure. Un modèle standard. Ils grognaient mais avancer avec le sens du devoir, et l’admiration infinie pour leur chef. Ils lui donnaient leur vie, à lui, pas à la France. Il fallait leur donner à manger. Un exploit ! Rappel: les maladies ont tué plus que la guerre. Un livre de plus sur Napoléon ? Non, un livre qui pourrait s’appeler aussi comme ceux de la fameuse collection : «Napoléon pour les Nuls » ou en hommage au tant décrié Woody Allen : « Tout ce que vous avez voulu savoir sur Napoléon sans jamais oser le demander ». Philippe Courroye qui ne célèbre pas mais commémore les 200 ans de la mort de Napoléon Bonaparte (1769-1821). Le célèbre juge ne fait ni plaidoirie ni réquisitoire. Il nous rafraîchit la mémoire et cela fait du bien. Napoléon tout le monde en parle mais qui le connaît, c’est-à-dire qui connait vraiment sa personnalité ou du moins ce qu’il a fait ou n’a pas fait ? Les réponses sont dans le livre avec des éclairages qui n’oublient pas les effets d’ombre. Bonne remarque d’emblée : «S’il avait vu le jour quinze mois avant le 15 août 1769, il serait né Génois» car le 15 mai 1768, la République de Gênes a lâché la Corse à la France, après cinq siècles de pouvoir. Napoléon Bonaparte fut tenté par l’aventure indépendantiste de Joseph Paoli mais Louis XV parvint à mettre la Corse sous pavillon français.

Tout le livre passe en revue les temps forts de la vie de Napoléon Bonaparte sans jamais été barbant ce qui est souvent le cas dans les livres des historiens de métier. Philippe Courroye a écrit le livre qu’il ne trouvait pas en librairie, et on c’est très bien. Il explore dans plusieurs pages l’enfance et les débuts militaires, parfois par système de flash-back pour étayer ce qu’il est train d’expliquer. Il passe une dizaine d’années en Corse puis arrive sur le Continent au collège d’Autun où il prépare son passage pour l’école de Brienne qui forme à l’armée. Comme a l’époque il n’y pas de… télévision (!), il devient lecteur compulsif, plutôt rousseauiste que voltairien. Il a aussi des ambitions littéraires mais ses mémoires seront écrites par Las Cases. Napoléon qui ne fait jamais rien à moitié dictera ses souvenirs et tout ce qu’il veut dire à haute voix parce que sa main va plus lentement que son cerveau. Pas brillant en latin, il a des difficultés orthographique avec le français qui n’est pas sa langue maternelle.

On n’avance dans le livre avec bien sûr les batailles gagnées ou perdues. Rien n’est laissé de côté et surtout pas les avantages accordés à ses quatre frères et trois sœurs… il n’y avait pas Le Canard Enchaîne ou Médiapart pour dénoncer son favoritisme ! La presse, elle la musela et même la cadenassa comme tous les despotes. Notre conteur développe cette question : dictateur ou pas ? Le pouvoir n’est pas accordé, il se prend. Charles De Gaulle l’imitera à sa façon. De Gaulle, Napoléon et Louis XIV restent les trois grands personnages de l’Histoire de France.

On évoque souvent les batailles sans dire le nombre de morts. Celle d’Eylau : 25 000 Français avec autant de Russes, voire plus. En un seul jour : le 8 février 1807. Un carnage. Tous ses corps agglutinés, déchiquetés, éventrés, du sang partout. Des blessés à l’agonie. Napoléon c’est aussi cette fin du monde répétée. Pauvres soldats, pauvres Grognards qui peuvent faire 50 kilomètres dans la boue, dans la neige. Ils n’avaient pas des chaussures à leurs pointures. Un modèle standard. Ils grognaient mais avancer avec le sens du devoir, et d’admiration pour leur chef. Il fallait leur donner à manger. Un exploit ! Les maladies ont tué plus que la guerre.

Le livre raconte la vie de l’époque mieux qu’une caméra. Quand on sait utiliser les mots, ils valent largement le poids des images. Napoléon est bien présent dans ce livre qui le raconte tel qu’il était. Ce n’est pas demain qu’on ne parlera plus de Napoléon.


-Accusé Napoléon, levez-vous ! L’Empereur à la barre de l’Histoire, Philippe Courroye. Robert Laffont, 315 p., 21,50 €