Martin Parr, l'univers d'un vrai talent. Le bouquin Laurent Mallet/ Daniel Pennac ? Des broutilles photographiques.
- bernardmorlino
- il y a 2 jours
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Mort en décembre 2025, Martin Parr (né en 1952...) laisse une oeuvre photographique.
Il avait le 3e oeil celui qui voit ce que les autres ne voient pas.
Lui n'a pas eu besoin d'être un reporter de guerre.
Il sortait dans la rue et se brûlait le regard sur le quotidien qui lui sautait aux yeux.
Ses images sont souvent de l'humour graphique.
Il est à la fois Albert Dubout (pour l'ironie), Jacques Tati (pour l'absurde du quotidien) et Henri Cartier-Bresson (pour la construction architecturale).
Cela fait rire mais c'est souvent cruel sans jamais appuyer ou donner de leçons.
Du Noir et Blanc avec de la couleur. C'est à dire toutes les autres couleurs.
Au moment de sa mort, un bouquin signé Laurent Mallet et Daniel Pennac (Roman des regards) a bonne presse. Les médias ne font plus que de la com. ou du copinage. L'esprit critique au-dessus de la mêlée est banni des colonnes. Faut appartenir à une caste, avec des réseaux. La démocratie totalitaire.
Il s'agit de montrer quelqu'un de dos qui regarde un tableau. L'astuce est répétée à l'infini.
Quand on a vu une photo on en a vu 100.
Edouard Boubat a rassemblé toutes ses photos de dos, et c'est grandiose.
Le fait que tout monde se croit photographe ne donne pas de grands photographes.
Charles Dullin avait des doutes sur le théâtre car des acteurs médiocres y étaient acclamés.
La photo n'est un hobby pour désoeuvrés qui veulent être artistes. L'art n'est pas un divertissement. Certes tout le monde n'est pas Rembrandt ou Artaud.
Martin Parr et sa photo devant la Joconde est plus belle qu'un ramassis de clichés inoffensifs.
L'art véritable demande une fraîcheur d'âme: celle de Parr, de Boubat.
Quand Pennac nous dit: Ohé! braves gens, lisez Christian Bobin, on lui dit grand merci.
Quand il nous dit : regardez ces photos de dos, on lui fait remarquer qu'un nouveau Robert Doisneau ne se trouve pas à tous les coins de rue. Précision: Doisneau a mis en scène des photos qui sont passées pour des images prises sur le vif.
Patrice Chéreau aimait dire que son père le conduisait fréquemment au Louvre pour lui: tu vois ça c'est nul, faut pas peindre comme ça !
C'est ainsi que le fils s'aiguisa le regard pour devenir l'un de nos plus grands metteurs en scène. Le théâtre est toujours orphelin de lui, et d'Antoine Vitez.
Quand Martin Parr appuyait sur le déclencheur, il était animé par sa fraîcheur d'âme.
Les mauvais photographes appuient, eux, sur ce qu'ils veulent montrer, cela est insupportable. Ils appuient dans le sens qu'ils insistent. Tout devient répétitif.
La photo est un art, et non pas une photocopieuse.
Vive Parr !
Exposition Martin Parr, Musée du Jeu de Paume, Paris, du 30 janvier au 24 mai 2026

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