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Just Fontaine (1933-2023), champion de France 1956 avec l'OGCNice

Il n'avait pas besoin de dire ce qu'il avait fait, on le savait. Sympathique, plein d'humour et supérieurement intelligent, tel était notre ancien inoubliable Aiglon. Sélectionneur des Bleus, pour deux matchs (!), il fit venir l'ailier Charly Loubet, qui vient aussi de nous quitter.

Ses qualités de buteur: vif, explosif, grande lecture du jeu, il partait à la limite du hors-jeu, pour faire valoir ses qualités de finisseur. "La balle et Fontaine sont faits l'un pour l'autre", disait Kopa.

Just Fontaine ? Quel joli nom !

"Je vise et tire juste..." disait-il.


Ses enfants se prénomment Florence et Frédéric car il voulait que leurs initiales soient des F comme Football. Leur mère vient de déclarer: " On ne pouvait pas lui faire faire ce qu'il ne voulait pas faire".


Tous les titulaires des Bleus de 1958 sont partis. Le football français doit beaucoup à tous ces joueurs. Merci à Albert Batteux et Jean Snella. Merci à ce groupe mythique. Une galaxie d'étoiles: Claude Abbes- Raymond Kaebel, André Lerond, Armand Penverne, Robert Jonquet (c) -Jean-Jacques Marcel, Raymond Kopa, Roger Piantoni,- Maryan Wisniewski, Just Fontaine, Jean Vincent. Plus Yvon Douis.


Son palmarès en France:


Coupe de France 1954 avec l'OGCNice

Champion de France 1956 avec l'OGCNice


Coupe de France 1958 avec le Stade de Reims

Champion de France 1958, 1960, 1962 avec le Stade de Reims


Troisième de la Coupe du monde 1958 avec l'équipe de France

Meilleur buteur sur une seule Coupe du monde. Record 13 buts, en 1958: 8 du droit, 4 du gauche, et 1 de la tête.


Très gravement blessé, Fontaine arrêta sa carrière à moins de 30 ans.

Le 20 mars 1960, lors de Sochaux -Reims (1-2), lors d'un choc avec l'ivoirien Sékou Touré, il est victime d'une double fracture de la jambe, au tibia et au péroné. A l'hôpital, Fontaine console l'ailier qui se mit à pleurer. Fontaine fit de son bourreau, le parrain de son fils ! Exceptionnel dans la vie, comme sur le terrain.


A chaque match, il recevait une pluie de coups.

Parfait coéquipier, il disait :

-"Je ne sais si j'étais un grand joueur mais ce que je peux vous dire c'est que jouer avec derrière vous Raymond Kopa et Roger Piantoni facilite la vie..." Il y avait aussi comme pourvoyeurs Yvon Douis, Jean Vincent et Maryan Wisniewski.


La génération de 1958 a terminé 3e de Coupe du monde mais elle est beaucoup plus importante que celle de 2018 championne du Monde. Chacun ses souvenirs, mais dans 200 ans on parlera encore de Fontaine - peut-être de Mbappé- et puis après de qui, dans les rangs des Bleus 2018 de la présidence Le Graet ?


Quand on lui demandait comment a-t-il pu marquer autant de buts en Suède lors de la Coupe du monde 1958, il répondait du tac au tac:


-"Outre d'avoir deux pourvoyeurs de caviar à mon service, j'était totalement inconnu des adversaires, donc je pouvais feinter à mon aise, ils ne connaissaient pas mon jeu, mélange d'adresse et de puissance..."


Sur son record de 13 buts, il racontait l'histoire inventée par Mario Zatelli, ancien buteur de l'OM et entraîneur, son mentor:

-"Quand on réveilla une momie endormie depuis des siècles, ses premiers mots furent: Est-ce que quelqu'un a battu le record de Justo ?"


En Suède, pour son record, le buteur d'anthologie ne reçut aucun argent. Rien du tout, sauf un... fusil ! Pour récompenser le chasseur de buts. Pour la 3e place sur le podium ? 450 euros.


Quand il a signé à Nice, il déclaré: "Les cons! Ils me donnent de l'argent pour que je je sous au football.." Sa passion ! Salaire: à peu près 2 000 euros par mois. A Nice, il a marqué 52 fois en 83 matchs. A Reims, il a marqué 143 buts en 153 matchs.


En 1961, il cofonde le syndicat des joueurs (UNFP) avec Eugène N'Jo Léa (Attaquant de Lyon venu de St Etienne) , Me Jacques Bertrand, puis Michel Hidalgo et Raymond Kopa qui avait dit que les joueurs étaient des "esclaves"! La FFF suspend alors Kopa... six mois !


Entraîneur du PSG, trois ans, il fait monter le PSG en D1, en 1974.


Il fut aussi pionnier des consultants télé: le 4 février 1960, il était avec Raymond Marcillac lors Nice 3-2 Real Madrid, au stade du Ray à Nice, en 1/4 finale de Coupe d'Europe. Sans Di Stefano mais avec Puskas et Gento. Le Real après avoir mené 0-2 a 3-2 grâce à un triplé de Vic Nurenberg, le capitaine du Gym. Avant Nice, aucun club français n'avait battu le Real. Au retour héla ! Nice encaissa un carton: 4-0... avec cette fois Di Stefano aux commandes des Madrilènes.

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