Neymar chez les Bavarois (Acte 1)

Adulé par la presse sans avoir joué une seconde au PSG, Neymar est confronté à une pression qui ne concernait que Messi au Barça. A Paris, Mbappé laisse le premier rôle médiatique à Neymar. La pression est sur Neymar. Pas sur Mbappé. Le Bayern veut poursuivre sa série en C1 sans perdre: 18 victoires, un nul. Neymar touche 3 M€ par mois et il est question qu'il resigne jusqu'en 2026 parce que personne d'autre que le Qatar ne peut donner un tel salaire pour un joueur sur lequel on ne peut pas compter: soit il est blessé, soit il est suspendu. L'important c'est que l'on parle de lui: pour ses cheveux, son anniversaire, ses coups antisportifs, ainsi de suite. Le terrain ? C'est accessoire à l'ère des réseaux sociaux. Avec le salaire qu'il a, Neymar devrait marquer 3 buts par match avec autant de passes décisives. On en est loin. Il se blesse ? C'est la faute aux autres, à l'arbitre.

Mercredi 7 avril 2021, 21 h RMC Sport 1

1/4 de C1 2021

Bayern Munich-PSG

Le stade vide, de celui qui reçoit sous l'ère du Covid, avantage toujours les visiteurs qui n'ont pas à gérer l'enthousiasme du public hostile. De côté-là, Paris est avantagé.

Niveau absents, il y a égalité. Le Bayern joue sans Lewandowski (blessé) et Gnabry (Covid). Paris n'a pas Verratti (Covid) et Paredes (suspendu).

Le Bayern va jouer avec Choupo-Moting, l'ex parisien, qui va être dans le rôle d'ancrage, de pivot pour favoriser le jeu de Muller, en soutien, à l'affût, comme Griezmann est l'ombre de Giroud en EDF pour récupérer tous les ballons qui traînent, qui ricochent.

Le Bayern est un rouleau compresseur, un collectif. Qu'importe les joueurs. Ils sont tous logés à la même enseigne: "tu ne joues pas bien, tu gicles !" Le Bayern est une institution, l'un des clubs phares du football mondial. Force, technique et réalisme.

Le PSG en face fait tout gringalet. Le PSG avec l'argent du Qatar c'est la grenouille face au boeuf. Le PSG version Qatar joue plus sur l'image que sur le terrain. Avec Neymar, il s'est acheté de la notoriété comme avec le maillot frappé du logo de Michael Jordan, mais contre le Bayern cela n'a aucune importance sur le résultat ! Le PSG a attiré Neymar et Mbappé avec l'argent et non pas avec son palmarès. Le PSG pour Neymar c'est un tremplin. Le PSG pour Neymar ? Là où il y a le plus d'argent à prendre.

Les Parisiens parviennent parfois a bien jouer si sept d'entre eux sont concernés par le match en y mettant beaucoup d'intensité. Pour faire un résultat intéressant en Bavière, le PSG devra jouer collectivement et non pas tout attendre de Neymar. Le Brésilien, il suffit de lui marcher dessus pour le faire sortir du match. Il est douillet, sans être David. Personne n'est capable de lui dire: "Bon, mon gars, tu vas arrêter ton cinéma et jouer avec les autres, il te faut lever la tête et vite donner le ballon pour t'engager dans le camp d'en face, au lieu de garder la balle et faire mumuse avec comme un phoque de cirque". Quand Neymar joue pour l'équipe, il est exceptionnel (c'est très rare) mais quand il veut faire la décision seul dans des conditions inappropriées, il bégaye son football. Sa façon de vouloir briller étouffe Mbappé et Di Maria. Mbappé est dans une période négative. Tôt ou tard, il va se réveiller. On lui donne trop de responsabilité pour son très jeune âge. A 22 ans, on ne peut pas répondre présent comme un joueur de 28-30 ans. Impossible. Di Maria ? Trop fragile physiquement. A Manchester United, il a passé son temps à valser dans les panneaux publicitaires.

Pronostic: soit le PSG joue sa vie et met une intensité folle pour provoquer des brèches destinées aux trajectoires du laser Neymar, soit le Bayern sort l'artillerie lourde est fait comprendre qu'il n'y a pas photo entre un club historique et le danseur mondain du Qatar.

Grands risques: la fébrilité de Neymar et les coups donnés par Kimpembé, toujours à la limite du carton rouge.

Enigme: Mbappé en 9 ? Il n'a pas l'ADN du joueur sur des petits périmètres, il lui faut des départs lancés.

La clef du match: le duo du milieu de terrain bavarois Goretzka-Kimmich.

A surveiller comme le lait sur le feu: Coman et Sané. Des flèches empoisonnées et empoisonnantes. Coman peut être irrésistible. Sané l'est souvent.

Faiblesse de Paris: son milieu de terrain. Pas de maçon.

Les deux gardiens sont aussi forts l'un que l'autre.


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